Les 5 erreurs fréquentes lorsqu’on publie en autoédition
L’autoédition offre la liberté de maîtriser son œuvre de A à Z, de publier à son rythme, de conserver ses droits et de toucher de meilleures redevances. Mais cette liberté s’accompagne de responsabilités, et de nombreux auteurs indépendants tombent dans les mêmes pièges, parfois sans s’en rendre compte.
Voici les cinq erreurs les plus courantes et comment les éviter.
1. Négliger la relecture et la préparation du texte
Beaucoup d’auteurs pensent qu’une simple relecture suffit. En réalité, finaliser un livre demande plusieurs étapes :
– Correction orthographique et grammaticale : dans la mesure du possible, il vaut mieux faire appel à une correctrice ou un correcteur professionnel. Vos propres relectures ne suffisent pas, ni celles de vos proches. La langue française est belle, mais elle est aussi pleine de subtilités !
– Cohérence interne (temps verbaux, continuité, noms, lieux) : il est nécessaire d’avoir une vision d’ensemble de votre livre. Un conseil ? Changez le rythme de vos relectures. Exemple : 1ère relecture : 1 chapitre par jour. 2ème relecture : 2 ou 3 chapitres par jour. Puis une relecture intégrale, d’une traire ou presque pour déceler les éventuelles incohérences.
– Révision stylistique (fluidité, rythme, clarté) : évitez les phrases trop longues. Faites très attention à la ponctuation. C’est parfois un exercice difficile, seulement il est efficace de lire son texte à haute voix, pour en apprécier le rythme et la fluidité.
N’oubliez pas : publier un texte mal relu nuit à la crédibilité de l’auteur et génère rapidement des avis négatifs.

2. Sous-estimer l’importance de la couverture
Une couverture banale ou bâclée est l’une des raisons principales du manque de ventes. Même si le contenu est excellent, une couverture non professionnelle donne l’impression d’un livre amateur. La couverture n’est pas un simple habillage, elle doit attirer le regard des lecteurs et leur donner envie de lire la quatrième de couverture.
– Faites appel à un graphiste spécialisé en édition : cela a un coût non négligeable. Demandez aussi à votre entourage ou essayez de le faire vous-même, il existe de nombreux tutoriels en ligne.
– Respectez les codes du genre : observez les couvertures de livres d’auteurs qui publient dans le même genre littéraire que vous. Selon le genre, on privilégie certaines polices de caractère, couleurs et visuels. Vous pouvez faire dans l’originalité, sans aller trop loin…
– Testez plusieurs versions auprès de lecteurs : une méthode qui, de plus, vous permet de commencer la promotion de votre ouvrage bien en amont, en impliquant les lecteurs dans le processus de création. Ce qui permettra de tisser un attachement avec votre future communauté.

3. Oublier la mise en page professionnelle
Publier un livre, ce n’est pas seulement exporter un fichier en PDF ou Word. Une mauvaise mise en page (alinéas anarchiques, veuves/orphelines, polices inadaptées, marges incorrectes) donne une mauvaise expérience de lecture.
– Utilisez des logiciels adaptés (Word avec styles, InDesign, Atticus, Vellum) : observez les livres que vous lisez, analysez leur présentation, sortez votre règle et mesurez les marges !
– Vérifiez la version papier ET la version numérique.
– Respectez les standards éditoriaux : interlignes, polices lisibles, taille de caractère. Dans le monde de l’édition, tout est codifié. Lectrices et lecteurs, inconsciemment, ont l’habitude de ces règles. La mise en page ne doit pas nuire au fond, à l’histoire.
Vos lectrices et lecteurs savent que vous êtes autoédité, mais ils s’attendent à un certain professionnalisme. Nous ne sommes plus à l’âge de pierre de l’autoédition.

4. Ne pas optimiser la fiche produit
Sur Amazon KDP ou Kobo, la fiche produit est votre première vitrine. Beaucoup d’auteurs se contentent d’un résumé sommaire ou de mots-clés mal choisis.
– Rédigez un résumé structuré, accrocheur : c’est une partie difficile, dans une maison d’édition c’est l’éditeur qui s’en charge. Il faut aller à l’essentiel tout en laissant planer le mystère.
– Utilisez des mots-clés pertinents basés sur la recherche réelle des lecteurs : mettez-vous dans la peau des lectrices et lecteurs, imaginez quel type de mots-clés ils vont utiliser. Cela permet également aux sites de vente en ligne de bien vous référencer.
– Choisissez des catégories précises pour éviter d’être noyé dans la masse : une catégorie principale et deux catégories secondaires, c’est l’idéal.
Un bon référencement peut à lui seul multiplier les ventes.

5. Penser que le livre se vendra tout seul
La publication n’est que la première étape. Beaucoup d’auteurs découvrent trop tard qu’il faut aussi : communiquer bien en amont, se constituer une communauté, gérer la promotion, solliciter des chroniqueurs, consacrer énormément de temps aux réseaux sociaux.
Sans stratégie, même un excellent livre restera invisible. Observez les méthodes de communication des autres auteurs pour vous en inspirer, tout en apportant votre touche d’originalité.

Si l’autoédition est de plus en plus prisée, ce n’est pas parce que les maisons d’édition refusent des milliers de manuscrits chaque année. Les auteurs ont envie de liberté, d’accompagner leur œuvre jusqu’à la publication, de garder le contrôle sur leur création. Ce n’est pas plus simple ou plus difficile qu’être édité, il s’agit simplement de bien s’organiser, de savoir où l’on va et de donner son maximum pour faire briller son livre.